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Retour à la saison actuelle

Le mardi 22 février 2005 à 22h 58mn

Semaine des As

Logo Semaine des As| - La Semaine des AS en images : Le Mans- Gravelines | SCBA- Paris | ASVEL - Chalon | Strasbourg - Nancy | Gravelines -Paris | Chalon -Nancy | Gravelins -Nancy |

- Edito du 22 février 2005
Semaine des As : Souvenirs, souvenirs...
Personnages de la légende des cercles
 Hommage aux internationaux français de la légende des cercles à la semaines des As 2005, BCM Gravelines - SLUC Nancy, 76 - 112, le 20 février 2005 Il faut laisser aller sa mémoire au fil de l'histoire. Or, l'histoire du basket français est d'une incroyable richesse et le dessus du panier fait toujours rêver. Exemples.
Ceux qui ont vu, par exemple, évoluer Jacques Perrier sous le maillot de l'équipe de France ont aujourd'hui, sans doute, pas mal de cheveux blancs, plus, peut-être, que cet octogénaire alerte qui raconte son histoire, avec plein de malice dans les yeux.
Le père de Jacques Perrier était de Chamalières, mais lui, il est né à Bagnolet, dans la banlieue parisienne et son aventure, balle en main, a commencé non pas au fameux club de l'Alsace, mais dans celui, apparemment plus poétique, des Hirondelles des Coutures, un « patro » comme il en existait tant entre les deux guerres.
On l'appelait le « feu follet », autrefois, parce qu'il allait vite et qu'il avait de la détente. C'est ce petit ailier de 1,78 m qui, en 1948, aux Jeux Olympiques de Londres, d'un tir du milieu du terrain, a qualifié, dans le dernier dixième de seconde, les Français pour les prolongations des quarts de finale et, au bout du compte... la victoire. Cette année-là, on passait la médaille d'argent autour du cou de Jacques Perrier et celui-ci entrait dans la légende.
Élégance et adresse
De 1946 à 1951, il avait été une des pierres angulaires des Tricolores, puis il s'était investi dans le rôle d'entraîneur, notamment... à Durtol et au CUC, au début des années 60.
Là, spectateur de la Semaine des As, il mesure le demi-siècle qui sépare son époque de celle-ci. « Ces joueurs sont plus complets que nous, lâche-t-il, mais je les trouve trop individualistes. A mon avis, il y a moins de jeu d'équipe qu'autrefois ».
La tradition du basket était vive à Bagnolet et chez le voisin de l'Alsace, un homme a fait rêver plus d'une génération de basketteurs, dans les années 60 : Maxime Dorigo.
D'origine italienne, il était un authentique Parisien de naissance et les Transalpins ont quasiment tout fait pour le récupérer dans leur équipe nationale. En vain. Le grand Max était un fidèle, un homme de famille. Et sa famille était à Bagnolet et avec les Tricolores.
Avec Bagnolet, l'histoire de cœur a duré vingt ans. Avec l'équipe de France, elle a duré le temps de 76 sélections.
Maxime Dorigo, c'était l'amalgame parfait de l'élégance et de l'adresse et son capital points aurait été aisément multiplié si, à cette époque, on avait accordé trois points aux tirs de loin. Ainsi, aux Championnats du monde de Rio de Janeiro, en 1963, a-t-il aligné trois matches à plus de 30 points, terminant meilleur marqueur qu'un certain Korac, qui faisait référence en la matière.
Ici, dans cette Semaine des As, il a porté son regard d'expert sur toutes les rencontres. Pour lui aussi, l'époque a bien changé et il rejoint Jacques Perrier dans l'analyse.
« Aujourd'hui, déplore-t-il, le basket est très individualiste et puis, les gars sont des "baraques", ils ont des épaules que nous n'avions pas. Alors, on joue en force et en pénétration, c'est du un contre un et je pense qu'un jour, on reviendra au collectif. Ce qui est dommage, aussi, c'est que les meilleurs joueurs français jouent beaucoup à l'étranger et que, de cette façon, le basket national perd 20 à 30 % de son potentiel ».
Aujourd'hui, à presque 70 ans, Maxime Dorigo reconnaît tranquillement son bonheur.
« Tout cela, avoue-t-il, parce que je n'ai jamais voulu dépendre de qui que ce soit et que je me suis toujours défoncé pour être le meilleur. C'est pour cela qu'on m'a respecté ».
Un basket trop stéréotypé
Alain Gilles, lui, c'était "LA" légende et il reste aisément, autant que Tony Parker, la référence du basket français, lui qui, formé à Roanne, a commencé, à 16 ans et demi, sa carrière internationale, au début des années 60, avec Jean Degros et l'a terminée avec Hervé Dubuisson, dans les années 80. Huit titres de champion de France avec Villeurbanne, 159 sélections internationales, quelque 2.500 points marqués avec les Tricolores, c'est le bilan résumé de ce joueur hors du commun.
Aujourd'hui, il a presque 60 ans, il parle de fraternité, du bonheur d'accumuler les titres et des copains de combat, comme Leray. Aujourd'hui, encore, il aide à la reconstruction sportive de l'AS Villeurbanne. Et il se trouve aux premières loges pour observer ses successeurs sur les parquets.
« Trop stéréotypé, le basket aujourd'hui, dit-il, moins collectif. Tout cela manque de piment, de chaleur, de flamme. Physiquement, c'est plus fort, mais en technique pure, nous ne serions pas ridicules ».

 Haut de Page - Edito du 21 février 2005
Semaine des As : 16.412 spectateurs
La troisième édition de la Semaine des As a été un succès populaire. Au total, 16.412 spectateurs ont assisté aux sept matches du tournoi. Ainsi, chaque jour, 4.103 personnes en moyenne ont garni la Maison des Sports où le personnel municipal a œuvré avec une efficacité remarquée. Il n'y a eu aucun couac dans une organisation pourtant lourde à gérer.

Semaine des As : Finale – Gravelines s’effondre dans la tourmente (112-76)
Nancy, comme une tornade
 SLUC Nancy vainqueur de la semaines des As 2005, BCM Gravelines - SLUC Nancy, 76 - 112, le 20 février 2005 C'était le final et Nancy s'est chargé du bouquet. Doté d'une force de frappe impressionnante, le SLUC a expédié Gravelines au tapis d'entrée et est devenu le nouvel As, hier, à Clermont.
K.O. au premier round. Le combat entre les deux derniers As a tourné court. Cueilli à froid, Gravelines s'est fait étendre d'entrée par Nancy qui a déboulé dans la finale comme un boxeur, avec le punch d'un poids lourd et la fulgurance d'un léger. Et quand le SLUC accorde, en plus, sa défense sur le brillant de son attaque, comme hier, il ne reste plus qu'un champ de désolation après son passage.
Une tornade. Blanche. Voilà l'image de la finale. Dur et solidaire devant son cercle d'où il repoussa le musculeux Wes-son et le géant Nikkila, Nancy fit tout de suite souffler le vent de sa folie, de son euphorie qui, après coup, laissa même son entraîneur Jean-Luc
Monschau baba d'admiration. Le rebond muselé, il n'eut plus alors qu'à se laisser emporter par son énorme envie collective de courir que Tapiro organisa à merveille.
Du feu dans les jambes de l'illumination dans la tête
 Maxime Zianveni, semaine des As 2005, BCM Gravelines - SLUC Nancy, 76 - 112, le 20 février 2005 L'Israélien commença par tirer les premières fusées, puis fit jouer. Les autres. D'abord Kirksay qui, passant un coup par la porte de derrière, un coup par la fenêtre, créa le désordre dans la garde nordiste ; ensuite McClintock dont les 212 centimètres émergèrent dans la peinture comme son bras roulé ; puis Zianveni qui acheva le carnage avec sa vitesse et sa tonicité.
Jeu en ruine
Fabrice Courcier eut beau prendre deux temps morts dans le premier quart temps, rien n'y fit. Gravelines, sans ressort, sans adresse, encaissa sans broncher. Un 18-0 entre la 5e et la 9e minute qui mit dans les cordes Sciarra et ses copains, incapables d'arrêter la furia adverse. Avec du feu dans les jambes, de l'illumination dans la tête et la réussite des gens sur un nuage, Nancy s'échappa (32-10) et en rajouta même une petite couche avant la mi-temps (56-28).
Après quoi, il fallut bien souffler un peu. Dans les vestiaires et même au retour sur le parquet. Du coup, le costaud du Nord Wesson put se rapprocher du panneau, goba neuf rebonds offensifs comme une deuxième chance. Comme Sciarra et Dubos mirent dedans, Gravelines, campé sur une match-up, revint un peu dans le match (52-65), avant de se faire à nouveau plomber par Tapiro qui délivra trois passes décisives de rang et remit de l'ordre à la demi-heure (54-74).
De fait, Gravelines, le jeu en ruine et le mental en lambeaux, replongea salement. Alors le dernier quart-temps tourna carrément à la correction, Nancy reprenant son show. Même les trois gamins — Mendy, Petrovic et N'Diaye — envoyés dans la fête pour les deux dernières minutes, donnèrent le vertige, pendant que les cadres de l'équipe laissaient exploser leur joie sur le bord de touche.

Points de vues après la rencontre
- Fabrice COURCIER
(entraîneur de Gravelines). « Lors des deux derniers matches, les joueurs avaient fait preuve d'envie, d'entrain, de dynamisme... Là dans le premier quart-temps, on s'est fait bousculer. Offensivement on ne trouve pas les accès et défensivement, l'équipe est une vraie passoire. C'est une grande gifle. Il va falloir montrer qu'on est capable d'avoir de la régularité en championnat. Ça ne change pas grand-chose pour la fin de saison, il va falloir travailler. Je ne peux même pas dire qu'on ait craqué physiquement, on n'était pas fatigué. Simplement on n'était pas là. Mais pourquoi ? »
- Fabien DUBOS (joueur de Gravelines): « Nous n'avions pas prévu un tel scénario. Nous n'avons pas trouvé le mouvement. Eux, de leur côté, ont beaucoup joué en jeu rapide avec beaucoup de transition. Je n'explique pas vraiment ce qui s'est passé ce soir. Lors des deux derniers matchs, nous avions bien défendu, là nous avons montré un visage complètement différent. Nous étions trop statiques en attaque. Nous ne sommes pas parvenus à entrer dans le match. Ce n'est pas la pression de la qualification en Coupe d'Europe, peut-être la pression de la finale, mais je ne veux pas nous trouver d'excuse. Ce n'était pas une question de fatigue. On a déjoué totalement et explosé d'entrée. C'est plus un problème de mental que de physique ».
- Maxime ZIANVENI (joueur de Nancy). « On ne s'attendait pas à ça, même en rêve. Nous sommes montés petit à petit en puissance dans le tournoi. Nous sommes une équipe d'attaque mais nous avons prouvé que nous pouvions faire de très bonnes choses en défense aussi. C'est un effort collectif. Il y a de gros talents dans cette équipe. A chaque poste, nous sommes complémentaires. Par contre, j'ai moi-même été étonné de notre défense, je ne pensais pas qu'on pouvait atteindre un tel niveau. L'émotion est différente par rapport à la victoire en Korac, la Semaine des As se déroule sur trois jours c'est beaucoup plus physique ».
- Jean-Luc MONSCHAU (entraîneur de Nancy). D'abord, j'ai un grand respect pour notre adversaire. Réussir dans ces largeurs là, c'est inimaginable. Gravelines ne mérite pas de perdre comme ça. Nous voulions faire en sorte de les arrêter en choisissant l'option défensive ce qui a marché. Après le premier quart-temps, c'était très difficile pour eux de retrouver la confiance. Leur élan du troisième quart n'a pas été suffisant. Nous avons laissé passer l'orage et nous nous sommes ressaisis. Je suis content car nous n'avons pas toujours montré cette capacité de réaction par le passé. Depuis le début, nous n'avons pas changé d'état d'esprit, les joueurs ont toujours joué avec la même agressivité. Mais quand les jambes sont lourdes, il faut que la tête fasse le travail. C'est le seul moyen d'oublier la fatigue, il fallait avoir le mental. Notre approche a évolué sur la nécessité d'une cohésion défensive ».

 Haut de Page - Edito du 20 février 2005
Semaine des As : Finale – SLUC Nancy est l'AS 2005, 76 - 112
Clermont-Ferrand, (Maison des Sports) – BCM Gravelines battu par SLUC Nancy, 76 à 112. Mi-temps : 28-56. (10-32, 18-24, 24-18, 22-38). Arbitrage de MM Radonjic, Bichon et Bissang ; 4000 spectateurs environs.
- Pour Gravelines : 28 tirs réussis sur 70 (dont 8 sur 26 à 3 points) ; 12 sur 14 aux lancers francs ; 34 rebonds, (Wesson, 14) ; 14 passes décicives (Sciarra, 6) ; 16 pertes de balle ; 4 Interceptions, (Dubos 2) ; 21 fautes personnelles, 1 joueur éliminé pour 5 fautes : Dubos 36e.
- Cinq de départ : Wesson (20), Wilson (9, dont 3/10 à 3 points), Nikkila (3), Adomaitis (2), Sciarra (15, dont 3/6 à 3 points) puis Dubos (21,dont 2/4 à 3 pts), Kerckhof (-), Dubiez (6).
- Pour Nancy : 42 tirs réussis sur 65 (dont 8 sur 20 à 3 points) ; 20 sur 22 aux lancers francs ; 33 rebonds, (Kirksay 9) ; 33 passes décicives (Tapiro 11) ; 9 pertes de balle ; 7 Interceptions, (Zianveni et Kirksay 2) ; 18 fautes personnelles.
- Cinq de départ : McClintock (20), Zianveni (23), Tapiro (12, dont 2/3à 3 pts), Kirksay (20), Hayes (5, dont 1/3 à 3 pts) puis Bailey (14, dont 4/8à 3 pts), Masingue (4), Videnov (5), Petrovic (4), Mendy (2), N'Diaye (3, dont 1/1 à 3 pts).

Semaine des As : Finale – BCM Gravelines-Dunkerque - SLUC Nancy
On aura droit à une finale inédite, Gravelines, bien que ballotté par Paris, a fini par passer en force en faisant souffler le chaud en deuxième mi-temps alors que Chalon, usé par son combat de la veille devant Villeurbanne, s'est effacé devant une équipe de Nancy plus en jambes.

 Haut de Page Semaine des As : Demi-Finale – Chalon-sur-Saône sans élan (73-65)
Le SLUC Nancy avec beaucoup plus de Gaz
Chalon, c'est cool, Chalon c'est soûl. Cela balance des hanches sur le bord de touche, au rythme de la sono à fond avant le coup d'envoi. Mais une fois sur le parquet, l'Elan perdit le rythme.
Celui qui, la veille, lui avait permis de faire swinguer l'ASVEL. Seulement les lendemains, c'est bien connu, déchantent parfois. Et ce coup-ci, c'est lui qui prit la danse de la part d'un Nancy, pas plus « flashy », mais mieux ordonné. Dans ses idées et dans son basket (73-65).
Chalon émoussé
On peut toujours se demander, en fait, si la veille n'a pas pesé ce soir-là. Si Chalon n'a pas laissé trop de gomme dans son admirable combat livré à Villeurbanne.
Si, aussi, il n'a pas cru être arrivé un peu avant l'heure, juste après avoir éliminé à l'intelligence et à l'énergie le géant vert.
Quoi qu'il en soit, il y avait encore une étape sur sa route, il y avait Nancy, en demi. Et celui-ci s'y mit tout de suite en travers, en lui proposant un autre basket, un autre thème.
Auquel il ne sut jamais vraiment répondre. Parce qu'il l'aborda avec moins de jus, moins de punch, moins de conviction et moins de discernement. Bref, « hors sujet », comme annote parfois les profs.
Devant Strasbourg, le SLUC avait peut-être fait avec moins de brillant, moins de panache. Mais lui, au moins, retrouva son efficacité, sur les bases d'une solidarité exprimée avant-match dans un gros regroupement, les torses bombés venant se fracasser. Sur les bases, encore, d'un jeu bien mieux équilibré, en la circonstance tout du moins.
Certes, bien mal parti (9-17), Chalon revint à la hauteur de son adversaire. Sur deux paniers à trois points de Laure, venu du banc, de Jackson et du travail dos au cercle et un petit bras roulé de Dondon, a peine entré en jeu.
Reste que le 17-17 enregistré au terme du premier quart-temps d'un match sans grande envolée était trompeur. Dans le sens où il ne reflétait pas encore la mainmise nancéenne.
La flamme à Nancy
Celle-ci ne tarda pas à se déclarer avec netteté. Dès le retour enjeu. Car, après McClintock, dont les lombaires sont paraît-il en compote, qui avait commencé par exploiter les ballons qu'on lui envoya en cloche, Zianveni fit valoir son punch, Tapiro sa "tronche" et Kirksay intervint quand il le fallut, et avec bonheur.
Celui-là, mine de rien, fait mal, parce qu'il surgit souvent comme l'homme de la dernière chance. Alors, l'écart grimpa. Rapidement. Du 17-17 évoqué plus haut, on
passa à 28-19, puis 33-23 sur un panier à trois points de Zianveni, Chalon parvenant tout de même à limiter les dégâts avant la mi-temps (33-28).
Mais sans avoir la flamme de la veille. Et, ce sursaut ne fut effectivement qu'une étincelle. Nancy reposa la patte sur le match, recreusa l'écart et ne se laissa pas dissiper par un échange de politesse entre Best et Masingue.
Kirksay balança une patate à trois points qui tomba dans le filet ; Hayes, dans un style plus académique, fit de même derrière ; Masingue, dos au cercle, se retourna à la dernière seconde et enfonça le clou à la demi-heure (53-35).
Chalon, au taquet, ne pouvait plus rien. Mais tenta toutefois de revenir en déclenchant la "press" qui avait désarçonné Villeurbanne.
Mais encore aurait-il fallu avoir du gaz, un peu de vigueur, pour ne serait-ce que faire trembler un Nancy déjà sûr de sa qualification.

 Haut de Page Semaine des As : Demi-Finale – Gravelines - Paris (81-65)
Points de vues après la rencontre
- Fabrice COURCIER
(entraîneur de Gravelines). « Paris nous a bousculé au début du match ; nous avons perdu beaucoup de ballons et nous étions très fébriles. Nous avons plié mais pas cédé. En deuxième période, nous sommes parvenus à stopper Harrison et notre jeu offensif était plus juste. Cela nous a permis de prendre les devants. Mes joueurs ont été vaillants et solidaires. Pour autant, je ne crois pas que nous sommes favoris pour la finale ».
- Laurent SCIARRA (joueur de Gravelines). « On est revenu de très loin. Les Parisiens nous ont pris à la gorge. Ils ont eu beaucoup de balles de contre-attaque et de paniers faciles. En première période, ils ont réussi à me couper la balle. Mais on a limité la casse pour finir à moins 7 à la mi-temps: Ensuite; on a repris confiance. Paris a baissé de niveau physique et on a pu installer notre jeu. La fête ne sera complète que si l'on remporte le tournoi ».
- Gordon HERBERT (entraîneur de Paris). « Les 50 minutes contre Clermont n'ont pas posé de problèmes particuliers à mes joueurs. Hier, ils avaient quartier libre toute la journée. Ils ont bien joué 30 minutes, mais un match en dure 40. Après le premier quart-temps, on a laissé Gravelines rentrer dans le match. Nous avons aussi été dominés aux rebonds, ce qui leur donne de nombreuses secondes chances ».
- Ali BOUZIANE (joueur de Paris). « C'est une très grosse déception. Notre objectif en venant à Clermont était d'aller jusqu'au bout. Nous avions en plus une revanche à prendre sur Gravelines, équipe contre laquelle nous avions pris le plus gros écart en championnat. Nous avons bien commencé; nous étions concentrés, la balle bougeait bien en attaque. Ensuite, nous sommes devenus statiques et nous ne sommes plus parvenus à jouer ».

 Haut de Page RÉGIS RACINE (Stade Clermontois)
Jugement d'un meneur

A 17 h 30 précises, le meneur a été présenté au parquet, juste après ses acolytes de la redoutable bande de Gravelines. « N° 16, Laurent Sciarra ! », a lancé le speaker, mieux encore que ne l'eût fait un huissier. Et l'homme est arrivé en trottinant, acclamé par le public. Les meneurs ont souvent la faveur de la foule.
Sciarra est un « client d'envergure », de dimension européenne, ainsi qu'on le murmure dans l'assistance. On en parle avec crainte, avec respect, comme d'un grand bonhomme du métier... d'un caïd du milieu. Et c'est ce qu'il est. On le sent bien dans ses attitudes, c'est un prédateur de la zone et un expert, de surcroît, en défense individuelle. Avec lui, Gravelines est devenu un clan redoutable, qui flingue avec une effrayante efficacité. Ainsi, en moins de 24 heures de compétition, les gars du Mans, pourtant costauds, ont été balayés de la carte des AS.
Faire passer le message
Régis Racine, qui s'y connaît en gros bras, possède une longue expérience des passes d'armes où les raquettes font l'objet de toutes les attentions. Il connaît tout de cette fonction de meneur qui doit réaliser avec rigueur les exigences du commanditaire des opérations, à savoir l'entraîneur. Lui, il bosse à Clermont-Ferrand, pour Toupane qui n'est pas forcément un tendre. Mener les hommes au combat, il fait cela depuis qu'il est gamin... par vocation. Ainsi, est-il en harmonie avec son tempérament. « J'aime donner, dit-il, j'aime communiquer ma passion et j'aime que les choses soient carrées ». Alors, Régis comprend, mieux que tout autre, ce que ses collègues meneurs ressentent cette envie, cette volonté tout entière tendue vers le panier adverse, ce défi qui ne pourra être que collectif.
« Lé rôle du meneur, confie-t-il, c'est de faire passer le message aux gars, sur le terrain, en relation avec l'entraîneur. Ce message, il doit passer au bon moment. Mais des meneurs, il y en a de plusieurs sortes. Il y a le scoreur et son capital points, le créatif et le gestionnaire, le gars qui va savoir contrecarrer le jeu adverse, selon les besoins de son équipe. Celui qui est le plus complet, c'est celui qui saura faire tout ça et prendre les décisions ». Devant ses yeux, c'est Laurent Sciarra qui s'exprime. Les Parisiens ont mis une pression d'enfer sur lui, ils ont sorti balles et couteaux. Linehann, Harrison, Bouziane prennent les tours de garde devant lui, sans relâcher d'une seconde leur vigilance. Pendant quasiment trois quarts-temps, cela semble suffisant, mais le meneur Sciarra court et se démène au profit de Wilson à qui, ponctuellement, est confiée la conduite des opérations. "Monsieur Sciarra" est là où on ne l'attend pas, il s'éclipse, s'échappe, tourne, court, croise et décroise ses trajectoires, mais quand il s'agit d'organiser les lignes de défense, il monte souvent droit aux avant-postes, comme un roi, curieusement avancé dans un jeu d'échec.
100% de réussite
On l'attend au tir, il est à la passe, une passe sèche, précise comme une balle. Et quand il arme son bras pour frapper, la cible se déchire au cœur du cercle. 100 % de réussite à 3 points, 100 % à 2 points, c'est dans la chaleur du combat que ce meneur-là, s'exprime avec le plus de férocité. Au bout de toute cette inlassable activité et de 40 minutes de combat, il a ajouté 9 munitions décisives aux 12 points inscrits au crédit de son clan.
Très fort ! Mais Racine, qui a à l'affronter en championnat, n'en fait pas une tragédie. Au contraire, devant nous, il joue volontiers les plaideurs. Il n'a peur de rien Régis, mais il déclare volontiers : « Laurent a un impact psychologique extrêmement important sur l'ensemble de son équipe. Depuis 10 ans, il est au haut niveau et il se bonifie encore. Il est énorme et quand il est en confiance, on ne peut rien faire sur lui ».

 Haut de Page - Edito du 19 février 2005
Semaine des As : Finale – BCM Gravelines-Dunkerque - SLUC Nancy c'est la finale surprise de demain, à 16h

Semaine des As : Demi-Finale –Nancy gagne le droit de jouer la finale contre Gravelines, demain, au dépens de l'Elan Chalon, 73-65
Clermont-Ferrand, (Maison des Sports) – Chalon sur Saône battu par SLUC Nancy, 65 à 73. Mi-temps : 28-33. (17-17, 11-16, 7-20, 30-20). Arbitrage de MM Radonjic, Bichon et Bissang ; 4000 spectateurs environs.
- Pour Chalon sur Saône : 20 tirs réussis sur 63 (dont 8 sur 29 à 3 points) ; 17 sur 19 aux lancers francs ; 37 rebonds, (Sefolosha 12) ; 11 passes décicives (Jackson 4) ; 14 pertes de balle ; 6 Interceptions, (Jackson 2) ; 22 fautes personnelle, 1 joueur éliminé pour 5 fautes : Mokongo 40e.
- Cinq de départ : Jackson (3, dont 1/5 à 3 pts), Mokongo (6, dont 2/3 à 3 pts), Cohen-Mintz (7, dont 1/3 à 3 pts), Sefolosha (7, dont 1/2 à 3 pts), Best (6) puis Laure (15, dont 3/7 à 3 pts), Crowder (0), Lee (19), Dondon (2).
- Pour Nancy : 27 tirs réussis sur 60 (dont 6 sur 21 à 3 points) ; 13 sur 20 aux lancers francs ; 39 rebonds, (Kirksay 8) ; 17 passes décicives (Tapiro 2) ; 13 pertes de balle ; 6 Interceptions, (Zianveni, Tapiro et Kirksay 2) ; 17 fautes personnelles.
- Cinq de départ : McClintock (8), Zianveni (14, dont 1/4 à 3 pts), Tapiro (8), Kirksay (14, dont 1/4 à 3 pts), Hayes (6, dont 2/4 à 3 pts) puis Bailey (15, dont 2/4 à 3 pts), Masingue (6), Videnov (2).

Semaine des As : Demi-Finale – Gravelines, le premier finaliste, 81-65
Clermont-Ferrand, (Maison des Sports) – BCM Gravelines bat Paris BR, 81 à 65. Mi-temps : 37-44. (14-27, 23-17,18-17, 26-4). Arbitrage de MM Gasperin, Castano et Vauthier ; 4000 spectateurs environs.
- Pour Gravelines : 31 tirs réussis sur 50 (dont 8 sur 15 à 3 points) ; 11 sur 17 aux lancers francs ; 37 rebonds, (Wesson, 15) ; 21 passes décicives (Sciarra, 9) ; 18 pertes de balle ; 3 Interceptions, (Weasson, Wilson et Dubiez 1) ; 20 fautes personnelles, 1 joueur éliminé pour 5 fautes : Adomaitis 39e.
- Cinq de départ : Wesson (16), Wilson (19, dont 1/3 à 3 points), Dubos (14,dont 2/4 à 3 pts), Adomaitis (7, dont 1/3 à 3 points), Sciarra (12, dont 2/2 à 3 points) puis Nikkila (2), Kerckhof (-), Dubiez (11,dont 2/3 à 3 pts).
- Pour Paris BR : 26 tirs réussis sur 60 (dont 5 sur 17 à 3 pts) ; 8 sur 12 aux lancers francs ; 20 rebonds, (Phillips 6) ; 14 passes décisives (Linehan 5) ; 9 balles perdues ; 6 Interceptions, (Bouziane et Linehan 2) ; 25 fautes personnelles, 2 joueurs éliminés pour 5 fautes : Perica 34e et Bouziane 40e.
- Cinq de départ : Harrison (19, dont 3/7 à 3 pts), Diarra (11), Linehan (7), Perica (11), Vebobe (3,dont 1/3 à 3 pts) puis Phillips (2), Bouziane (3), Sammick (9,dont 1/1 à 3 pts).

 Haut de Page Infirmerie : Les inquiétudes étaient vives, jeudi soir, après le match particulièrement engagé que les Clermontois ont livré aux Parisiens. En fin de rencontre, en effet, Demba M'Bengue boitait bas et les examens révélaient une déchirure de 1,5 cm auxischio-jambiers. Sambou Traoré, lui, s'était donné une entorse à la cheville. Hier, les nouvelles étaient plus rassurantes et le staff Clermontois espérait pouvoir compter sur ses deux joueurs... ainsi que sur David Melody (absent sur blessure contre Paris), pour la réception de Roanne, le 26 février.

Semaine des As : Quart de Finale – Troisième élimination au premier tour pour Villeurbanne (81-80)
Chalon : la prime à la volonté
Une nouvelle fois, Villeurbanne a trébuché en quarts de la Semaine des As. Cette fois-ci face à une équipe de Chalon énorme de volonté, qui rencontrera, ce soir, en demi-finales, une formation de Nancy, qui, elle aussi, a créé la surprise face à Strasbourg.
Après Le Mans, le deuxième gros favori est resté sur le tapis. Villeurbanne, auquel les As ne réussissent décidément pas, n'a pas pu s'échapper de son quart. Comme lors des deux premières éditions. Cette fois, l'ASVEL a calé sur Chalon dont l'énorme volonté a fini par faire le succès ou plutôt par parachever un match finement abordé, avec une approche tactique pertinente. Celle, il est vrai, que son profil recommandait.
Villeurbanne encaissa un 20-6 à cheval entre le 1er et le 2e quart-temps
Plus petit l'Elan ? Qu'importe, les centimètres ne font pas toujours les écarts. Et quand on est moins grand, moins lourd, que fait-on ? Eh bien ! On joue sur le punch, sur des rotations défensives millimétrées, une effroyable pression sur les extérieurs et des prises à deux, donc à risques, quand le ballon arrive tout même à l'intérieur. Après, il n'y a plus qu'à compter sur le désordre mental de Besok, dont les idées furent remises à l'endroit par deux « charges » de Kunter, l'autre tête de Turc de l'équipe, et la maladresse de ses partenaires.
Voilà, ce plan énergique commença par fonctionner. A merveille, parce que l'attaque bourguignonne se mit au diapason, en jouant sur les mêmes cordes. A savoir que les intérieurs fuirent, d'abord, le petit périmètre, rentrèrent leurs tirs à 4-5 mètres que Villeurbanne leur laissa dans un premier temps. Ensuite quand la défense sortit, il ne resta plus qu'à prendre les couloirs ouverts pour aller porter le fer près du panneau.
Chalon grignote
Et tout se déroula comme dans un rêve. Best excentré, Sefolosha en talent et fluidité, Jackson en percussion et Co-hen-Mintz en appui concrétisèrent un jeu fluide, quasiment sans dribble et agréable avoir. Sauf pour Villeurbanne qui encaissa un 20-6 à cheval entre le 1er et le 2e quart-temps le mettant dans les cordes (8-9 à 14-29). Ce qui l'invita forcément à réagir. D'abord par le coach qui mit quelques joueurs au piquet, ensuite par King qui, lui, prit les choses en main. Là, on vit la dimension du nouvel Américain de l'ASVEL qui alla au four et au moulin et termina d'ailleurs avec la meilleure évaluation, avec ses 20 points, 10 passes décisives et 7 rebonds. A lui seul, il remit l'ASVEL presque à flot à la mi-temps (34-38). Celle-ci, patiemment et plus efficace avec un Pelle plus dangereux dans la proche banlieue que Besok, continua ensuite à grignoter son retard pendant letroisième quart-temps, avant de régler vraiment son tir à trois points, Mrazek apportant alors une superbe alternative à King. On pensa, du reste, que Villeurbanne, s'étant fait la belle sur un shoot primé du Suisse (72-63), ne serait plus reprise. Seulement, c'était sans compter avec l'entêtement de Chalon, électrisé par une technique sifflé à Gregor Beugnot.
Là, Cohen-Mintz s'écarta derrière l'arc rouge, enfila deux perles, Best en rajouta en bloquant une attaque verte, en concrétisant dans la foulée le contre bourguignon et Chalon, en un éclair, se retrouva à nouveau devant (78-76). Il restait moins d'une minute et le final allait se jouer sur la ligne des lancers francs. Où Best ne trembla pas. Où Besok échappa la prolongation. Et le poing rageur de Beugnot fendit l'air.

Points de vues après la rencontre
- Erman KUNTER
(entraîneur de l'ASVEL). « Le problème — et on l'a déjà fait deux fois cette saison — c'est que l'on a pensé qu'on avait gagné le match. On a tous pensé ça, même peut-être le staff technique. C'est notre défaut. Lorsqu'on fait les efforts pour revenir, cela montre notre potentiel. On a eu l’avantage, mais on n'a pas pu revenir ; 17 ballons perdus, c'est trop pour ça. Il est vrai que lorsqu'on commence mal un match, on éprouve toujours des difficultés ensuite. Tant pis pour la Semaine des As ; notre objectif, de toute façon, c'est le championnat. On voit ce que l'on a à faire pour cela ».
- Bernard KING (joueur de Villeurbanne). « C'était un match très dur, mais c'est le basket. Je pense que pour progresser, il faut que l'on continue à jouer ensemble, qu'on s'entende mieux collectivement. L'équipe ne s'est pas non plus habituée à 100 % à moi depuis mon arrivée. Il va falloir travailler »
- Gregor BEUGNOT (entraîneur de Chalon). « C'était important de gagner pour être en demi-finales. On n'est pas venu ici pour ne pas jouer notre chance. On a été très performant au premier quart-temps, défensivement bien en place et avec un bon rythme d'attaque. Au second, on est devenus timorés, sans rythme défensif et en attaque, c'était n'importe quoi. Sur la deuxième partie du match, on est un peu émoussés, mais dans le moment crucial, le fait de mettre la "press" en place leur fait du mal. Et, à la fin, on connaît les qualités de l'équipe pour aller chercher les matches perdus ».
- Thabo SEFOLOSHA (joueur de Chalon). « Nous avons, d'une certaine manière, été boosté par les erreurs d'arbitrage. Tout était contre nous, mais nous nous sommes donnés à fond pour revenir. Nous avons connu un passage à vide où nous étions plus dedans défensivement. Nous l'avons très vite payé. On a réussi finalement à se qualifier et pour la demi-finale, on fera ce que l'on sait faire. On donnera tout et on verra où cela nous mène ».

 Haut de Page PHILIP SZANYIEL
Regard d'« intérieur »

Les hommes d'intérieur s'y entendent pour faire le ménage. Ils aspirent les défenses et balayent la raquette, avec une constance qui force l'admiration. Et, bien sûr, ils montent à l'étage, déposer les provisions dans le panier. L'intérieur, c'est bien plus qu'un ministère, c'est une vocation.
Philip Szanyiel, l'entraîneur assistant de Jean-Aimé Toupane, a fait, naguère, référence en ce domaine et c'est d'un regard fort intéressé qu'il a suivi, hier après-midi, l'équipe référence en travaux d'intérieurs sur les parquets français : Villeurbanne. « Villeurbanne, une équipe qui a un jeu simple, mais qui a les hommes pour le faire », estime- t-il. Parmi ces hommes, il y a un certain Hüseyin Besok, un type monumental de 2,12 m, costaud comme une armoire turque. Il ressemble, un peu, à la tour Galata d'Istanbul, tant il domine son environnement. De surcroît, il bosse beaucoup... dessous, car c'est là, sous le cercle, que l'on attend l'intérieur, comme un technicien de surface-Ce Besok-là s'est un peu entravé dans son basket, en tout début de match, mais, au fil des minutes, il a lessivé; par sa forte présence, ceux qui se frottaient à sa forte carrure. Cela, hélas pour lui ! n'a pas suffi au bout du compte. « Des difficultés à trouver sa position, a commenté Philip Szanyiel, mais Chalon essaie de faire sortir les grands de Villeurbanne et à prendre l'adversaire de vitesse ». Enfin, le grand Hüseyin est là et, s'il le faut, il ressort la balle sur l'extérieur, là où on balance les shoots au grand air.
Le colosse a fini par être rappelé sur son banc, car les Chalonnais ont vite compris que ce gaillard allait leur compliquer l'existence. C'est ce renard de Greg Beugnot qui a imposé sur lui une surveillance de gendarme autoroutier. « Le but d'un intérieur, rappelle Philip Szanyiel, c'est de se mettre son adversaire dans le dos, en attaque, dans la peinture. La peinture étant cette zone de couleur s'étirant devant le panier où les gros bras font monter la pression et le ballon. En défense, c'est anticipé, c'est de défendre avant que l'adversaire ait la balle. Il faut toujours, au moins, avoir un bras devant lui. En plus, ce Besok, il court, il n'est pas lent ».
A Villeurbanne, on sait faire ce genre de manœuvre et si ce n'est pas Besok qui se charge de la besogne, c'est le Croate Tomislav Ruzik... avec seulement une taille de 2,08 m, qui se charge des opérations. « Besok et Ruzik sont très complémentaires, commente Philip Szanyiel. Dans ce secteur de jeu, la relation poste-pivot est très au point, à Villeurbanne. A Chalon, en revanche, ils n'ont pas ce qu'il faut et ils sont obligés de tout tenter sur l'extérieur ».
Villeurbanne, malgré cette, force imposante, n'a pas réussi son pari devant Chalon... Et c'est Besok qui a manqué l'égalisation qui aurait conduit à la prolongation. Ironie du sort.
Intérieur, ce n'est pas qu'une affaire de maison à tenir correctement. C'est aussi une question technique, comme on faisait le métier, il n'y a pas si longtemps, à la manière de Philip Szanyiel, l'homme de l'art qui, pendant quinze ans, a joué quelque deux cent vingt-deux matches avec l'équipe de France et a fait, pendant sept ans, les beaux jours... de Villeurbanne. Le métier a changé, la patte gauche de M. Szanyiel, sous le cercle, est restée dans la légende. « Nous étions plus techniques, dit-il, nous faisions des feintes et nous; avions plus de touchers de balle. Nous avions aussi plus de monde dans la raquette et, parfois, deux adversaires sur le dos. Maintenant, ça joue plus large. Moi, mon fonds de commerce, c'était la rapidité et ma main gauche. Ces touchers de balle des intérieurs de cette époque seraient, je crois, un plus dans le jeu d'aujourd'hui ».

 Haut de Page - Edito du 18 février 2005
Semaine des As : Quart de Finale –Chalon sur Saône - SLUC Nancy, se sera la deuxième demi-finale, de demain, à 20h à la Maison des Sports de Clermont-Ferrand.

Semaine des As : Quart de Finale – Le SLUC Nancy crée la seconde surprise de la soirée, en battant Sig Strasbourg, après prolongation, 73-82
Clermont-Ferrand, (Maison des Sports) – Strasbourgbattu par Nancy, 73 à 82. Mi-temps : 39-35 puis 70-70. (14-15, 25-20, 15-19, 16-16, 3-12). Arbitrage de MM Radonjic, Castano et Bissang ; 4000 spectateurs environs.
- Pour Strasbourg : 28 tirs réussis sur 67 (dont 8 sur 24 à 3 points) ; 9 sur 13 aux lancers francs ; 30 rebonds, (Palmer 8) ; 21 passes décicives (Jeanneau 10) ; 21 pertes de balle ; 8 Interceptions, (Jeanneau 4) ; 23 fautes, 2 joueurs éliminés pour 5 fautes : Fajardo 36e et Palmer 44e.
- Cinq de départ : R. Greer (12), Perincic (0), Jeanneau (8, dont 2/5 à 3 pts), Fajardo (15, dont 3/5 à 3 pts), Palmer (13), puis J. Greer (9, dont 2/7 à 3 pts), Nissim (5, dont 1/1 à 3 pts), McCord (11), Payne (-).
- Pour Nancy : 33 tirs réussis sur 62 (dont 4 sur 12 à 3 points) ; 12 sur 21 aux lancers francs ; 40 rebonds, (Zianveni et Kirksay 9) ; 15 passes décicives (Bailey 6) ; 21 pertes de balle ; 11 Interceptions, (Kirksay 4) ; 20 fautes personnelles.
- Cinq de départ : McClintock (5), Zianveni (25), Tapiro (10, dont 1/1 à 3 pts), Kirksay (12, dont 1/2 à 3 pts), Hayes (9, dont 1/3 à 3 pts) puis Bailey (9, dont 1/2 à 3 pts), Masingue (8), Videnov (4).

Semaine des As :Quart de Finale – L'Elan Chalon crée la première surprise de la soirée, en battant L'ASVEL Villeurbanne 81-80
Clermont-Ferrand, (Maison des Sports) – L'ASVEL Villeurbanne battu par l'Elan Chalon, 80 à 81. Mi-temps : 34-38. (10-25, 24-13, 18-12, 28-31). Arbitrage de MM Gasperin, Bichon et Machabert ; 4000 spectateurs environs.
- Pour l'ASVEL : 29 tirs réussis sur 54 (dont 8 sur 18 à 3 pts) ; 14 sur 19 aux lancers francs ; 35 rebonds, (Besok 10) ; 22 passes décisives (King 10) ; 17 balles perdues ; 6 Interceptions, (Lyday et Besok 2) ; 19 fautes personnelles.
- Cinq de départ : Lyday (7), Dioumassi (6), King (20, dont 3/7à 3 pts), Besök (10), Ruzic (11, dont 1/2 à 3 pts) puis Mrazek (18.dont 4/7 à 3 pts), Pellé (6), Sangaré (2).
- Pour Chalon sur Saône : 31 tirs réussis sur 64 (dont 7 sur 20 à 3 points) ; 12 sur 20 aux lancers francs ; 30 rebonds, (Sefolosha 8) ; 19 passes décicives (Jackson 8) ; 8 pertes de balle ; 11 Interceptions, (Jackson, Mokongo et Sefolosha 3) ; 20 fautes personnelles.
- Cinq de départ : Jackson (17, dont 1/2 à 3 pts), Mokongo (3), Cohen-Mintz (21, dont 2/6 à 3 pts), Sefolosha (13, dont 2/4 à 3 pts), Best (16, dont 2/4 à 3 pts) puis Laure (6), Crowder (-), Lee (5), Dondon (-).

 Haut de Page Semaine des As : Quart de Finale – Paris passe après deux prolongations (84-80)
Clermont : gros cœur, trop naïf…
Le Stade Clermontois s'est battu, a résisté. Mais la forteresse parisienne s'est défendue. Et, après deux prolongations, a gagné le droit de revenir samedi en demi-finale pour rencontrer Gravelines à 17 h 30.
Le rêve a duré... 39 minutes. Un match et... près de deux prolongations. Le Stade a tenu, fait durer, donné presque vie à ses espoirs et ceux de la Maison des Sports en jouant avec ses armes, son cœur, sa rage. Mais il a fini par lâcher. Trop éprouvé, épuisé par l'étouffante défense de Paris qui a eu, le mérite, de toujours y croire. Et cette foi lui a permis de revenir de l'impasse et de passer sur le fil, sur la force de son mental et la dureté de sa défense.
 Dunk de Demba M'Bengue, Semaine des As, Stade Clermontois - Paris BR, 80 - 84, le 17 février 2005 Le Stade, oui, lui a donné du fil à retordre. En le défiant sur son propre terrain, celui de la défense qu'il n'eut pas besoin de combiner très rapidement, contrairement à ces derniers temps. Comme d'habitude, il se campa d'abord sur une individuelle, mais il y ajouta un zeste de solidarité sans doute motivée par le fait d'être ici, chez lui, donc d'être mis au défi. Par des déclarations de non initiés ou non dites qu'il avait prises comme une injustice, comme un affront.
Et quand on cherche sur ce terrain, on n'a pas forcément gagné. Alors, balancé avec deux meneurs Racine et Darrigand qui se partagèrent la montée du ballon en fonction des circonstances, il s'y colla. Avec son gros cœur, mais aussi avec toute sa naïveté, en rendant, par exemple, sur des remises enjeu, trois ballons qu'il venait de s'échiner à gagner.
Le premier, par exemple, lui rapporta deux gonfles gagnées pour avoir poussé son adversaire à la limite des 24, secondes permises ; la seconde lui coûta, en revanche, six points sur trois remises en jeu données.
Malgré tout, comme Paris ne s'avéra guère inspiré dans ce premier temps, il réussit à faire la course en tête, obligea même après un peu plus de 4 minutes de jeu, Gordon Herbert à convoquer un premier temps mort. Mais, dans ce basket défensif qui valut à chaque équipe de perdre huit munitions dans le premier quart-temps, il fit meilleure mine et atteignit la première pause en avance (12-9), avant de blêmir un tantinet à la suite d'une anti-sportive de Vucurovic (hum ! messieurs les arbitres...) qui déclencha un 9-0 parisien renversant nettement le score (20-28).
 Charles Gosa, Semaine des As, Stade Clermontois - Paris BR, 80 - 84, le 17 février 2005 Le Stade n'avait jamais encore été mené, venait en plus de prendre une petite secouée et, au vu de ses dernières réactions, on pouvait craindre le pire. Mais, encore une fois, c'était à la maison et devant un Paris qui s'était... hissé à sa hauteur. Alors, il fut invité à la réaction par Toupane qui réclama son premier temps-mort et ordonna une défense de zone, le tout faisant un bien fou.
Bien qu’en laissant quelques ballons en route, Clermont signa d'abord un 11-0 qui le fit tourner en tête (31-28), puis un 7-0 au retour des vestiaires. Si les comptes sont bons, cela fit un 18-0 mettant Paris dans les cordes (38-28) et l'obligeant à déclencher le plan ORSEC : une tout terrain. A partir de là, le Stade commença à remontrer son innocence. Petit à petit, il céda du terrain. Avec un cinq; raccourci, il résista d'abord en tonicité. Puis en reprenant de l'altitude, il freina encore le retour du PBR grâce à Whearty travaillant avec bonheur dos au panier.
La faute à la pression à la fatigue
Seulement son entêtement ne put pas compenser toutes ses petites erreurs de jeu. Et même si on crut qu'il tint le bon bout à 63-52, alors qu'il ne restait plus que cinq minutes, il commit quelques graves impairs. La faute à la pression parisienne, la faute à la fatigue. Et, à 64-64; il finit par concéder une première prolongation à laquelle on pensa qu'il ne réchapperait pas.
Parce qu'il prit, d'entrée, un 6-0. Dont il se releva, néanmoins. Poings crispés, mâchoires serrées. Il recolla, d'abord par M'Bengue sur la ligne des lancers, puis par Vucurovic à trois points et enfin sur une contre-attaque aboutie par Gosa, pendant que Toupane essayait d'influencer le tour de la partie en causant aux arbitres (73-73). Nouvelle prolongation et nouveau raté au démarrage, Harrison et Diarra réexpédiant Paris devant Seulement, le Stade s'accrocha encore à son rêve. Revint à nouveau, la langue pendante. Racine, décalé dans le corner, enfila un trois points, électrisa la salle. Seulement, le poumon trop essoufflé, il cala : 84-80.Et repartit tête haute.
Eliminé certes, mais l'objectif atteint. Celui d'avoir fait honneur à sa sélection.

Points de vues après la rencontre
- Jean-Aimé TOUPANE
(entraîneur de Clermont). « Je ne suis ni déçu ni frustré car c'était la cerise sur le gâteau. On avait à cœur de montrer au public que le basket existe aussi à Clermont et c'est ce qu'on a fait. Je suis fier de mes joueurs au niveau de leur état d'esprit. Ils ont fait preuve d'une grande combativité : c'était l'essentiel. Ce soir, c'était un match de gala. En fait, la seule chose que je regrette, c'est que les joueurs ne se battent pas comme ça toutes les semaines ».
- Régis RACINE (co-capitaine de Clermont). « Déception, le mot est faible. Ce soir, nous avons fait le match qu'il fallait, nous avons retrouvé nos valeurs et ce sont des petites choses litigieuses qui font que nous ne passons pas. Personnellement, je suis fier de l'équipe qui a montré qu'elle pouvait rivaliser avec les meilleures du championnat, qui a notamment montré une défense aussi bonne que celle de Paris. Nous sommes passés très près, mais il ne faut pas se tromper de championnat. Il faut se servir de ce match là pour rebondir sur les échéances plus importantes ».
- Cordon HERBERT (entraîneur de Paris). « En premier, je veux féliciter l'équipe de Clermont qui était la meilleure équipe sur le terrain, ce soir, et qui a joué collectivement. En revanche, je suis très déçu par 1' "effort" de la mienne sur 35 minutes, par la façon dont elle a évolué. Je l'ai trouvé très bonne ensuite sur la fin du temps réglementaire et les prolongations. On a eu beau, avant de venir, parler de Clermont, de sa défense, du fait qu'elle évoluait devant son public, c'est bien Clermont qui a dicté le basket pendant l'essentiel de la partie ».
- Mamoutou DIARRA (joueur de Paris). « Ce match-là efface un peu tout ce qu'on a pu faire auparavant. On n'a pas joué sur nos valeurs. Mais il fallait un vainqueur. En tout cas, il faut se remettre au travail, sinon face à Gravelines, on ne passera pas, c'est sûr ».
- Laurent SCIARRA (Gravelines). « Je n'ai pas senti les joueurs du Mans très en rythme. Le tirage était difficile, je suis vraiment très content. Paris, Clermont ? Pour l'instant on savoure notre victoire contre Le Mans ».

 Haut de Page STEPHANE LAUVERGNE
La glace et le feu

On le sait qu'il y a le feu, dans le cœur de Stéphane Lauvergne, le directeur sportif du Stade Clermontois, mais nul ne s'en doute, à le voir sur le bord du terrain, gardant un visage ferme et lisse. Aucun trait ne bouge, son regard seul trahit des enthousiasmes, des peurs, des énervements, mais cela est si furtif... « C'est ma façon d'être, confie-t-il, mais parfois, je trépigne par rapport à ce que je vois ».
Debout dans un angle du terrain, près de la sortie du tunnel, jambes écartées, bras croisés, il suit chaque geste, chaque action, comme un analyste distant et, enfin laisse tomber un commentaire technique. Dehors, la glace, dedans le feu.
Près de lui, le président Claude Vazeille, en costume sombre, se montre plus impatient. Il y croit. Ce quart de finale de la Semaine des AS est une forme de consécration pour le basket auvergnat qui accueille l'élite française. Les gradins sont pleins, comme à la belle époque des filles du CUC et il attend que ses garçons soient à la hauteur de l'honneur qui leur est fait. « Je souhaite qu'ils jouent sans complexes, en se faisant plaisir », annonce-t-il, avec le sourire.
Le premier sourire n'est pas celui de Stéphane Lauvergne, mais celui des supporteurs qui acclament un départ en trombe des Clermontois. Claude Vazeille et son directeur sportif savent que ce bonheur est fragile, mais ce 8 - 0, après un peu plus de quatre minutes de jeu est un soulagement.
Insatisfait, pourtant, Stéphane Lauvergne : « Trop de précipitation, on perd quatre ballons par précipitation, par inexpérience. Cela fait huit points de perdus ». Le Stade menant 16-0, pour beaucoup, cela eut été extraordinaire, mais chez les bleus, la règle est de ne rien lâcher. L'histoire d'un match est toujours là pour le rappeler.
Alors Stéphane se laisse aller à un geste pour indiquer le sens de la passe à faire, à une moue, à un soupir. Et quand Patrick Whearty cible le cercle pour y expédier le ballon, il approuve sobrement : « Quand c'est ouvert, il ne faut pas refuser le shoot ». Il avoue, enfin, sa peur : « En trois minutes, on est capables de tout gâcher ». Et à la fin du premier quart temps, il laisse tomber deux appréciations nettes : « Sur l'envie, ce que nous faisons est intéressant, mais ce n'est pas trois points d'avance que nous devrions avoir, mais dix, compte tenu des ballons que nous avons rendus ».
« Cours, cours, cours, Dounia ! » Issa se démène comme un beau diable, mais la défense parisienne le tient à l'œi

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